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dimanche 2 mai 2010

Décrépitude


Mes amis, je vais mourir.
Je le sais, je le sens, c'est pour moi la fin du voyage.
Les premiers signes avant-coureurs de ma décrépitude me sont parvenus il y a de cela quelques semaines.
Au sortir de l'hiver, mes dents ont commencé à se gâter m'obligeant à un rafistolage buccal après devis auprès d'un organisme assermenté.
Heureusement les progrès de la science me permettent encore d'arborer un sourire émail diamant aussi factice que la poitrine de la pauvre jeune fille, enfin à 2000 euros la passe peut-on parler de pauvreté, dont les services spéciaux furent offert en cadeau d'anniversaire à un footballeur, Franck Ribéry, qui soit dit en passant mériterait un bon ravalage de façade et un bon coup de pied dans les couilles et non pas l'inverse, bien plus agréable le soir que souffler ces bougies.
Si je vous parle de ma déchéance c'est pour deux raisons essentielles.
Pour commencer je suis misanthrope. A tel point que je ne saurais supporter le regard réprobateur de mon propre reflet dans la glace. Ensuite, la fabuleuse créature qui a l'immense honneur de partager mes nuits, soirées et week-end et qui, je le signale aux personnes que pourrait intéresser la vie d'un enfant du siècle beau comme un camion et rutilant comme un dieu, se trouve être ma cadette de quelques
années, 6 pour être exact ; et bien cette cruelle a trouvé judicieux lors d'un papouillage crânien dont je suis friand de me faire remarquer la présence inopportune d'un cheveu qui n'avait plus sa fraîcheur d'antan et dont la couleur nacrée ne traduisait que l'avènement de ma fin prochaine.
Devant mon incrédulité, ma tendre concubine procéda d'un coup sec à l'ablation de l'excroissance capillaire pour me prouver sa bonne foi et se lancer dans une courte mais franche séance de foutage de gueule à mon endroit, moquant du haut de l'arrogance de ses vingt ans à peine révolus le début du pourrissement intérieur dont j'étais l'innocente victime.

Jean Paul Sartre, devisant avec Simone de Beauvoir lors d'un pompeux dîner suivant la clôture d'un numéro de Libération :"On est bien peu de chose!!", et Momone de rétorquer : "Ça c'est vrai ça." et j'attends de pied ferme un démenti.

Pour en revenir à mon histoire, la douleur physique suivant l'amputation de cette partie de moi en train de dépérir réveilla les démons enfouis au plus profond de mon être. Je commençai à mollir aux endroits plus souvent habitués à la rigidité, et à me raidir sauf là où c'est que c'est bon, mon cœur se mit à tressaillir et à se durcir au même titre titre que mes artères, bref je me mis à guetter la mort
au tournant d'un malaise.

Alors, la plupart d'entre vous me soutiendront que c'est normal, que je me fait un petit flippe pré-trentenaire, que j'ai encore du temps, et autres arguments aisément démontables sans tournevis ni vertus.
A ces censeurs du malaise existentialiste je répondrai que, s'ils sont plus jeunes que moi, ils ne savent pas de quoi ils parlent, et que, à l'inverse des hommes politiques ou des chroniqueurs de chez Ruquier, quand on ne sait pas de quoi on parle, on ferme gentiment sa gueule et on laisse parler les grandes personnes.
A l'opposé, s'il s'agit d'interlocuteurs plus âgés, je leur dirai que le fait qu'ils acceptent leur décomposition vers le néant ne me dispense nullement de me plaindre allègrement de la mienne, Non MAIS !!!
La seule chose de rassurante dans le constat pathologique de mon gâtisme naissant est qu'il me permet de mieux saisir les modifications profondes de mes habitudes ces dernières semaines.
Je comprends maintenant mieux pourquoi je ne supporte plus que mes voisines du dessus se permettent d'inviter chaque vendredi soir une flopée de courtisans à nuque rase et voix rauque, dotés de goût musicaux approximatifs et d'un vocabulaire à faire passer Steevy pour un membre de l'académie française.
Je saisis enfin mon dégoût de la jeunesse en générale et des connards en slim en particulier. J'admets mon attirance profonde pour l'ordre et la sécurité dont je ne cesse de vanter les mérites et les efforts au long de ces chroniques.
En résumé, la vieillesse est un naufrage et mon bateau prend la flotte.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Deux idées:
- pour les cheveux, pense aux mèches (pas celles de la dynamite, quoi que…)
- tant que mon bateau flotte dans le naufrage de la vieillesse et que le castor ne bouffe pas le fond de cale, je pourrais rire de tes délires
merci
la baronne etc etc

FX a dit…

Chère baronne, merci pour ce commentaire haut en couleur permanente pour un chronicoeur éméché.

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